Ouf ! On a un peu la gueule de bois ce lundi matin. Après le débat d'hier entre les différents candidats issus de l'écologie et convaincu par elle, il faut bien un peu de temps pour se rafraichir les idées et être sûr de bien comprendre ce qui s'est passé.
Si je ne m'abuse, alors que certains cadres Verts étaient un peu inquiets sur l'opportunité dun tel plateau, les militants réunis à Coutances ont massivement approuvés que le débat soit élargi et ouvert sur l'extérieur. En cela, la base des Verts a on pourrait dire pris une longueur d'avance sur ses dirigeant, et mis de côté le temps d'un débat les habituelles rancueurs.
Quant au débat en lui-même, il a mis tout le monde d'accord sur l'urgence des questions écologiques, sur l'importance de se préoccuper également de justice sociale et sur le fait que les participants et leurs organisations pourront dans un avenir proche non pas faire liste commune mais travailler de concert sur des sujets pour lesquels ils sont d'accord.
Finalement, seule l'aile gauche des Verts, déjà déçue que José Bové ait décliné l'invitation, a exprimé des doutes sur l'utilité de ce débat. Cécile Duflot annonce d'ailleurs la couleur sur le sentiment de cette frange du parti Vert : "je ne savais pas qu'on lancait la candidature de Corinne Lepage".
Je vous mets ci-dessous 4 articles parus dans les principaux journaux :
- L'Humanité : Lancement différé pour la campagne de Voynet
Verts . Des journées d’été marquées par une implosion des courants actuels et beaucoup de questions sur l’orientation future du parti écologiste.
http://www.humanite.fr/journal/2006-08-28/2006-08-28-835550
- Libération : L'instant de bonheur écolo de Voynet, Lepage et Hulot
Le débat de clôture des journées d'été des Verts a plutôt séduit les militants.
http://www.libe.com/actualite/politiques/200796.FR.php
- Le Monde : Réunis à Coutances, les écologistes confrontent projets et agendas
Article reproduit ci-dessous
- Le Figaro : Pour Voynet, Lepage et Hulot, l'écologie «n'est pas un petit truc en plus»
La famille écologiste, pour une fois réunie, souhaite placer les questions environnementales au coeur des campagnes électorales de 2007.
Article reproduit ci-dessous
Réunis à Coutances, les écologistes confrontent projets et agendas
"Réunir la famille écolo" n'est pas si simple. Les Verts s'y sont essayés, dimanche 27 août, lors de la séance de clôture de leur université d'été à Coutances (Manche) en invitant le producteur de télévision Nicolas Hulot, l'ancienne ministre du gouvernement Juppé Corinne Lepage et l'animateur de radio et ex-porte-parole des Verts Stéphane Pocrain à discuter de l'échéance présidentielle de 2007.
L'enjeu pour les Verts était de "peser" plus fortement sur la scène politique au moment où leur candidate, Dominique Voynet, stagne dans les sondages avec 2 % d'intentions de vote. Mais si les quatre figures écologistes ont convenu qu'ils se sentaient bien seuls à parler de l'"urgence environnementale", on est encore loin d'un quelconque accord en vue d'une candidature unique.
La salle était pourtant presque acquise. Depuis deux jours, de nombreux cadres du parti avaient fait part de leur réticence à inviter à la même tribune l'ancienne ministre de l'environnement du gouvernement Juppé Corinne Lepage et l'ex-conseiller de Jacques Chirac Nicolas Hulot. Les militants ont, eux, savouré ce moment de consensus et chaleureusement applaudi leurs anciens frères ennemis. Seul Stéphane Pocrain, coupable d'avoir "déserté" et de s'être déclaré candidat pour la présidentielle, a eu droit au chahut des travées. Les partisans de José Bové, à la gauche des Verts, avaient choisi, comme leur champion, de déserter ce débat "confusionniste".
Mme Voynet avait souhaité, samedi 26 août, voir ces invités "enrichir le projet des Verts". Ceux-ci ne l'ont pas suivi, chacun préférant développer sa stratégie pour les mois à venir. Corinne Lepage a répété qu'elle ne retirait pas sa candidature, qu'elle doit lancer le 9 septembre à la-Plaine-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Et si Nicolas Hulot a expliqué qu'il était là comme responsable d'une ONG - la fondation qui porte son nom - et qu'il "préférerait ne pas y aller", il a ajouté que sa candidature restait "une hypothèse pour voir quelle place l'environnement aurait dans la campagne présidentielle".
ASSISES DE L'ÉCOLOGIE À L'AUTOMNE
Du coup, le débat entre amis s'est peu à peu transformé en confrontation cordiale de programme entre Corinne Lepage et Dominique Voynet. Dénonçant "l'incapacité totale des partis traditionnels à prendre en charge l'urgence environnementale", la présidente de Cap 21 a souligné l'importance de l'échéance de 2007 : "Il reste peu d'années devant nous pour changer de mode de production et de consommation." A ses yeux, si les écologistes veulent convaincre les grands partis qu'il est nécessaire de "changer de braquet", il faut construire un "nouvel espace politique transcendant les clivages traditionnels". "Je souhaite que les Français de centre droit et centre gauche puissent se retrouver sans dogmatisme et devenir un jour le parti majoritaire dans ce pays", a-t-elle ajouté.
Cette proposition a suscité des réactions épidermiques de la part d'un certain nombre de cadres des Verts. "C'est du n'importe quoi, cette bouillabaisse !", pestait Jérome Gleizes, élu au conseil national. "C'est inquiétant de voir la question sociale disparaître du débat", renchérissait la conseillère régionale d'Ile-de-France Anne Souyris.
Dominique Voynet a souligné les "valeurs partagées" avec ses amis du jour et proposé des "assises de l'écologie" à l'automne. Mais, consciente des critiques qui ne manqueront pas de fleurir en interne, elle a voulu rassurer ses troupes. La sénatrice de Seine-Saint-Denis a donc déclaré qu'elle avait "un réel désaccord" avec Corinne Lepage. "Nous avons fait le choix de la gauche avec l'espoir que l'écologie ne soit pas un petit truc en plus pour convaincre les classes moyennes d'aller voter", a dit l'ancienne ministre de Lionel Jospin. Un soupir a traversé la salle.
Quelques minutes plus tard, la championne des Verts insistait, lors de son discours de clôture : "Je ne suis pas là pour négocier des ralliements ou une plate-forme électorale, mais pour qu'on porte ensemble un message fort à la société."
Sylvia Zappi
Pour Voynet, Lepage et Hulot, l'écologie «n'est pas un petit truc en plus»
La famille écologiste, pour une fois réunie, souhaite placer les questions environnementales au coeur des campagnes électorales de 2007.
Ce petit clin d'oeil amical de la candidate des Verts Dominique Voynet à l'animateur de télévision Nicolas Hulot, ancien conseiller de Jacques Chirac, nul n'aurait osé l'imaginer il y a encore quelques mois. Hier, pourtant, le millier de militants écologistes présents aux journées d'été des Verts, à Coutances (Manche), semblait avoir décidé aussi de dépasser, le temps d'un débat, les habituels clivages opposant la droite à la gauche, «pour montrer que l'écologie n'est pas un petit truc en plus». C'est donc de bon coeur qu'ils ont longuement applaudi la présidente de Cap 21, Corinne Lepage, qui fut ministre de Juppé, lorsque celle-ci, assurant «n'être mariée avec personne», a déploré que «le discours de Chirac à Johannesburg, qui nous a tous fait rêver, se soit traduit cinq ans après par des régressions écologiques». Selon elle, «l'écologie n'a pas à être de droite ou de gauche, seule compte l'efficacité !»
«Photo de famille»
Pour autant, la présidente de Cap 21 a assuré qu'elle n'avait pas l'intention, «en l'état actuel des choses», de retirer sa candidature à la présidentielle.
Nicolas Hulot, qui avait émis cet été l'idée de se présenter, a pour sa part expliqué qu'il réservait «cette hypothèse comme un ultime recours», auquel il se résoudra s'il «observe que cette campagne traite à la marge les grands enjeux écologiques».
Également invité et lui aussi candidat à la présidentielle, l'ancien porte-parole des Verts Stéphane Pocrain a appelé de ses voeux l'organisation de «primaires pour un candidat unique». Une idée catégoriquement écartée par le secrétaire national des Verts, Yann Wehrling, qui a assuré que son parti soutiendrait jusqu'au bout la candidature de Voynet.
En coulisse, l'ancien secrétaire national des Verts Jean-Luc Bennhamias, qui est à l'origine de cette «photo de famille de l'écologie», jubilait. Les médias, nombreux malgré un week-end politique très chargé, avaient répondu présent.
Seuls les derniers partisans d'une candidature de José Bové, qui avaient pour la plupart boycotté cette rencontre, grommelaient en silence au marché bio de Coutances.
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