OGM

Samedi 25 mars 2006

Voici un article paru dans le Canard Enchaîné du 22 mars 2006, dans lequel on voit bien la force d'une union de tous les défenseurs de l'environnement.

"On voit rarement siéger côte à côte, à une conférence de presse, des élus de tous bords. Sauf ce jour-là, où les Verts Voynet, Mamère, Cochet et Blandin voisinaient avec l'UMP Kosciusko-Morizet, le PS Philippe Martin et l'ancien ministre Corinne Lepage. Objet de cette réunion génétiquement modifiée : les OGM. Tenter d'empêcher le Grand Déferlement à venir.
Ces 21 et 22 mars en effet, les sénateurs débattent d'une loi qui vise à "mettre la France en conformité avec la directive européenne" sur les OGM. Autant dire à leur ouvrir grand les portes. Les sondages disent que les Européens n'en veulent pas ? Qu'importe. Le projet comporte toutes les garanties propres à les rassurer. Ainsi on procédera régulièrement à des "consultations du public" près des plantations d'OGM. Bravo ! Mais cette consultation ne durera pas plus de quinze jours, se fera uniquement par internet, et les décideurs pourront s'asseoir sur ses résultats. Mieux ; la "société civile", c'est-à-dire les représentants d'associations, disposeront de quelques sièges à la "Commission de Biovigilance". En réalité, leur présence se limitera au deuxième comité, qui sera consulté de manière facultative et ne disposera pas des éléments d'information dont disposera le comité scientifique. "Tout est fait, dit Corinne Lepage, pour organiser la confidentialité dans l'intérêt des firmes agro-alimentaires." Qui voudra connaître les effets de tel OGM sur la santé se verra opposer le secret industriel. "Dans ce domaine, poursuit Lepage, on est d'ailleurs au niveau zéro. Les recherches sont quasiment inexistantes, à part quelques études sur des rats nourris pendant plus de quatre-vingt jours avec des OGM... dont les firmes font tout pour garder les résultats confidentiels."
Autre "avancée" : la création d'un fonds d'indemnisation en cas de dégâts. Mais il sera abondé par les seuls agriculteurs, et non par les producteurs d'OGM. Et il ne concerne que les disséminations "fortuites" : or, disent les spécialistes, on sait qu'en cas de cultures importantes les disséminations ne sont pas fortuites. La preuve en est que le projet de loi prévoit comme acceptable la présence de 0,9% d'OGM même dans les produits bio ! Ce qui est en contradiction profonde avec les principes de l'agriculture biologique. Pour Jean-Pierre Berlan, directeur de la recherche à l'INRA, il s'agit tout simplement d'"euthanasier l'agriculture biologique, dont le seul tort est d'utiliser la gratuité de la Nature pultôt que les pétro-intrants ruineux pour les humains, les sols, l'eau, bref, notre milieu de vie." Et d'ajouter que, derrière cette offensive OGM, lecomplexe génético-industriel avance en catimini son projet central : mettre la main sur toutes les semences en les brevetant. Et ainsi privatiser ce qui échappe encore en partie au secteur marchand : les plantes et l'ensemble du vivant. "Les êtres vivants commettent en effet un crime impardonnable : ils se reproduisent et se multiplient gratuitement. Certains en éprouvent même du plaisir."
Un plaisir pas tarifé ? Scandale...
Jean-Luc Porquet

Par Ecologiste
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Mardi 30 janvier 2007
Dans une interview à LCI, Corinne Lepage rappelle qui a fait quoi sur le dossier des OGM et quelles sont les responsabilités de chacun en la matière. Même si aujourd'hui il y a consensus entre les Verts et Cap21 sur le sujet, il semble que Corinne Lepage ait mieux agi que sa consoeur quand elle a été ministre de l'environnement.

Par Ecologiste
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Lundi 5 février 2007
"90 minutes", l'émission d'investigation de Canal+, n'avait jamais diffusé ce reportage, pourtant édifiant, qui retrace les enjeux économiques des OGM, des enjeux pour la santé, et pointe du doigt l'absence de transparence des autorités françaises et européennes.



Comment sur ces sujets-là faire confiance à ceux qui nous gouvernent ?
Par President Ecolo
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Mercredi 7 février 2007
La cour de cassation vient de rendre définitive la condamnation de José Bové, Gérard Onesta, Noël Mamère et d'autres faucheurs volontaires.
Les candidats écolos et leurs partis respectifs sont tous unanimes pour dénoncer cette décision de justice.

Communiqué de presse des Verts, du 7 février 2007 :

Les Verts sont indignés par la décision de la cour de cassation de rendre définitive la condamnation de José Bové ainsi que celle des autres faucheurs dont Gérard Onesta, vice président Vert du parlement européen, Noël Mamère, député Vert, et cinq autres élus Verts et militants écologistes.

Les Verts dénoncent l’absence totale de débat démocratique, notamment au parlement, orchestrée par le gouvernement sur la question des OGM. Au moment où la France est condamnée par l’Union Européenne à des amendes très lourdes pour non respect des directives relatives aux OGM, la justice participe de l’étouffement du débat démocratique.

Les Verts réitèrent leur demande qu’un moratoire interdisant la culture des OGM en plein champs soit décidé le plus rapidement possible.

Ils interpellent l’ensemble des candidats à la Présidentielle pour que, comme Dominique Voynet, candidate des Verts ils s’engagent formellement en faveur de cette interdiction et de l’amnistie des faucheurs volontaires.

Les Verts manifestent leur soutien total aux faucheurs volontaires qui ont pris des risques personnels pour défendre, au nom de tous et toutes, le principe de précaution.

Communiqué de presse de Cap21, du 7 février 2007 :

Condamnation de José Bové : une démocratie à géométrie variable


Si Corinne LEPAGE, présidente de CAP 21 et candidate à l’élection présidentielle tient à rappeler son attachement au respect de la loi et ne partage pas les modes d’action qui s’en affranchissent, elle tient à manifester sa désapprobation la plus ferme sur une démocratie qui fonctionne sur le mode « 2 poids, 2 mesures ».

Comment peut-on en effet accepter que le Ministre de l’Agriculture continue de donner des autorisations d’expérimentation en plein champ alors que des décisions de justice ont reconnu le caractère illégal des procédures préalables en matière d’information et de participation du public et dans le même temps voir des faucheurs d’OGM condamnés à des peines de prison ferme ?

Lorsque les expertises sanitaires relatives aux OGM auront enfin pu être conduites de manière indépendante et rendues publiques, l’Histoire jugera alors des responsabilités réelles des uns et des autres.

 

Par President Ecolo
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Jeudi 15 février 2007

Je relaie l'action d'Agir Vite pour contrecarrer le lobbying de Monsanto :

Nous vous faisons passer une demande d'interpellation à adresser aux destinataires d'une pétition envoyé par Monsanto. Même si c'est un peu fastidieux et demande quelques minutes, nous pensons que le jeu en vaut largement la chandelle ! Le plus rapide est de faire un groupe avec toutes ces adresses (en plus, qui sait, cela peut toujours resservir, ...)

La firme Monsanto a lancé un pétition vers les agriculteurs pro-ogm afin de faire pression sur le gouvernement qui cherche apparemment à faire passer sa loi OGM par décrets.
Cette pétition demande que l'emplacement des parcelles ne figurent pas sur le registre public afin de se protéger des destructions commises par des extrémistes. (sic)
(Ce qui permettrait au passage de contaminer son voisin sans qu'il le sache ! )
Nous vous proposons donc d'écrire vous aussi aux mêmes destinataires pour protester

  1. C'est facile, vous copiez/collez dans le champ A: le paquet d'adresses ci-dessous – vérifiez que votre logiciel de messagerie interprète bien la liste des adresses – et vous copiez-collez l'objet ; vous pouvez aussi cliquer ici pour ouvrir directement le logiciel de messagerie avec les destinataires et l'objet.
  2. Vous copiez-coller le texte encadré complété par vos coordonnées – corrigez aussi les deux accords féminin/masculin – et c'est parti.

 

raphael.alomar@elysee.fr, bruno.bensasson@elysee.fr, bruno.le_maire@pm.gouv.fr, pascal.vine@pm.gouv.fr, michel.fuzeau@agriculture.gouv.fr, beatrice.abollivier@agriculture.gouv.fr, thierry.damerval@recherche.gouv.fr, roger.genet@recherche.gouv.fr, jacques.mignaux@interieur.gouv.fr, etienne.apaire@justice.gouv.fr, hugues.bousiges@ecologie.gouv.fr, thierry.francou@ecologie.gouv.fr

Objet : Rejet de la demande de contrevenir aux dispositions du Registre des cultures OGM exprimée par des pétitionnaires

Madame, Monsieur,

Je viens de prendre connaissance de la pétition" Transparence totale: attention danger" initiée par "un groupe d'agriculteurs" et la firme Monsanto destinée à attirer votre attention sur les dangers que représenterait la publication des noms des agriculteurs et leur adresse exacte et de la localisation de leurs parcelles selon ce que devrait exiger le Registre des cultures OGM.

Selon la lettre d'informations de Monsanto de Février 2007 N°13, intitulée "Monsanto, de vous à moi", "le gouvernement prévoit de publier rapidement des décrets précisant les conditions d'utilisation des cultures génétiquement modifiées, en particulier du maïs Bt résistant à la pyrale".

Permettez-moi de m'indigner en premier lieu qu'une telle décision puisse être prise par décrets en l'absence de tout débat démocratique : cette décision est contraire au refus de 86% (dernier sondage) des Français de voir des cultures génétiquement modifiées se développer dans notre pays. Il est tout à fait inadmissible que des décrets viennent rendre ces cultures possibles pour une poignée d'agriculteurs, contre l'avis majoritaire de la population qui subira le préjudice de la dissémination. Contrairement à ce qu'affirme ARVALIS, cette dissémination par les pollens de maïs Bt est en effet avérée d'après les études de différents scientifiques.

Ces agriculteurs reconnaissent que cette publication "pourrait entraîner des violences et des destructions de cultures". Ils ont donc bien conscience du fait que leur volonté de cultiver des OGM s'oppose à celle de la population. Pour extorquer ce droit à polluer l'environnement en toute impunité et confidentialité, ils n'hésitent cependant pas à désigner cette opposition comme le seul fait "d'extrémistes anti-OGM".

Madame, Monsieur, je vous pose la question: "Qui sont les extrémistes ?" Ceux qui tentent par leurs actions de protéger les exploitations des agriculteurs qui n'ont pas fait le choix des OGM et désirent garder leur production conventionnelle ou biologique exemptes de traces d'OGM, ou bien ceux qui agressivement leur IMPOSENT les OGM? Car nous ne parlons pas ici de production inerte mais de production vivante à même de se reproduire toute seule et il n'existe aucun moyen (sauf imaginaires sur le papier) de se protéger de la contamination. Il s'agit donc bien d'une agression des plus violentes, à laquelle les militants anti-OGM répondent avec les moyens à leur disposition après avoir épuisé tous les recours administratifs possibles.

Il s'agit donc d'un conflit caractérisé entre l'intérêt général – celui de la biodiversité, des producteurs non-OGM, des consommateurs – et l'intérêt privé commercial de quelques agriculteurs. Je vous rappelle que le droit français fait prévaloir l'intérêt général sur l'intérêt privé et que la Charte de l'Environnement adossée à la Constitution stipule en son article 2 que "toute personne a le droit et le devoir de prendre part à la préservation et à l'amélioration de l'environnement". Le tribunal correctionnel d'Orléans a d'ailleurs tiré les conséquences de ce nouveau devoir juridique en relaxant les faucheurs en première instance.

Je vous rappelle également que la dissémination des OGM de par le monde donne lieu à des crises économiques très graves : plus de 300 plaintes ont été déposées par les riziculteurs états-uniens suite à la pollution de leur riz par la variété GM non autorisée Ll601 de Bayer (même si une autorisation rétroactive a été accordée, les consommateurs n'en veulent pas), le cours du riz a baissé de 15% entraînant une détresse majeure dans le secteur. Les pétitionnaires ne défendent que leur intérêt commercial à court terme (pour des ventes que seule l'Espagne consent à leur acheter) sans réaliser qu'ils sont en train d'initier pour eux mêmes et pour les autres agriculteurs des crises majeures à moyen et long terme.

Tous les discours relativisant prétendant qu'il est possible d'instaurer une coexistence rationnelle entre cultures GM et cultures non-GM sont constamment démentis par les FAITS.

Aussi si vous deviez accéder à la demande explicite des pétitionnaires de dissimuler leurs noms et adresses et localisation de leurs parcelles, afin de ne pas s'exposer à la juste défense de l'intérêt général, Madame ou Monsieur, je vous tiendrais pour personnellement responsable d'une atteinte grave à mon droit d'être informé(e) et à l'intérêt général et j'entreprendrai toutes les démarches nécessaires pour que vous deviez rendre compte publiquement de cette décision.

Je suis néanmoins persuadé(e) que vous avez à cœur la préservation de l'intérêt général et ne souscrirez pas à la démarche scandaleuse des pétitionnaires, tellement préoccupés de défendre leur intérêt commercial qu'ils ne réalisent pas qu'ils sont en train de compromettre leur propre activité, la biodiversité, l'activité de leurs confrères et d'atteindre au droit légitime du consommateur d'accéder à une nourriture exempte d'OGM .

Évidemment, seul un moratoire sur les OGM en plein champs présente un niveau de garantie suffisant.

L'Autriche, la Grèce, la Pologne, l'Italie, la Suisse, ont pris des mesures pour ne pas cultiver d'OGM. La France doit faire de même.

Veuillez agréer Madame ou Monsieur l'expression de mes sincères salutations.

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Par President Ecolo
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