La candidature de Nicolas Hulot provoque bien des remous chez les Verts et au PS, comme en témoignent ces deux articles du Nouvel Obs.
Pour le PS, Hulot a un bon et un mauvais côté.
Le mauvais, c'est qu'il risque s'il est candidat d'affaiblir le résultat de Ségolène Royal (et aussi de Nicolas Sarkozy), et donc de réellement engendrer un second tour entre Le Pen et, probablement Sarkozy (qui ressemblerait mieux ses troupes que le PS au 1er tour). En ce sens Hulot est un vrai danger pour le PS, qui du coup préfère de loin une candidature Verte, plus "classique" et qu'il sait gérer.
Le bon côté, c'est que Nicolas Hulot permet d'affaiblir la candidate verte, Dominique Voynet, et donc de mieux négocier, ou plutôt de ne rien concéder du tout, un accord avec les Verts pour les législatives. Voynet n'est plus une menace de 21 avril bis, son poids dans les sondages fond, pourquoi devrais-je lui attribuer trop de sièges ? Et en faisant trainer les négociations, en rappellant que PC et Verts sont deux partenaires indispensables dont la présence doit être effective au 1er tour, il espère continuer d'affaiblir ses partenaires historiques, pour pouvoir encore mieux négocier avec eux entre les deux tours. Attention François, il se peut que tu aies de mauvaises surprises en mai prochain ;-), si les Verts réussissent à passer le cap difficile que Hulot et toi leur faites subir en ce moment et ne baissent pas les bras.
Pour les Verts, la candidature de Nicolas Hulot est une catastrophe.
Loin de mettre en avant les actions, les idées et les propositions des Verts, elle les étouffe sous une pluie médiatique de pactes écologiques. Sans compter que Nicolas "oublie" allégrement dans ses interventions de mentionner (à défaut de mettre en avant) ses amis écolos que sont les Verts et Cap21 de Corinne Lepage.
En plus, elle met les Verts dans une situation de faiblesse vis-à-vis du PS (voir ci-dessus), PS qui sort déjà renforcé du ralliement du MRC et du PRG. Cette difficulté pour les Verts à obtenir un nombre de sièges suffisant à l'assemblée explique probablement que Voynet tienne des propos de plus en plus fermes vis-à-vis de Hulot, et elle a raison. Ce n'est pas en baissant les bras que les Verts s'en sortiront davantage, même si ce faisant elle porte atteinte au crédit des propos de Hulot, et donc de la cause écolo. Encore une fois la division risque de faire pâtir tous les intervenants...
Mais comment sortir de cette situation, qui n'est pas totalement une impasse mais déjà un sérieux goulet d'étranglement ?
Article du Nouvel Obs :
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20061218.OBS3360/hulot_ne_sera_pas_candidat_selon_hollande.html
Hulot ne sera pas candidat, selon Hollande
Le socialiste pense que Nicolas Hulot ne se présentera pas en 2007 car "tous les candidats ont signé son pacte écologique".
Le premier secrétaire du parti socialiste, François Hollande, estime, lundi 18 décembre, que Nicolas Hulot ne sera pas candidat à l'élection présidentielle, tous les candidats déclarés ayant signé son pacte écologique.
Interrogé sur une éventuelle candidature de Nicolas Hulot, il a répondu : "Je ne vois pas comment il pourrait être candidat dès lors que tous les candidats ont signé son pacte écologique".
Enfin, François Hollande s'est réjoui qu'il y ait eu "un rassemblement de premier tour avec les radicaux de gauche et les amis de Jean-Pierre Chevènement, qui sont les plus proches dans l'histoire et la réalité du parti socialiste".
et autre article du Nouvel Obs :
http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/politique/elysee_2007/20061218.OBS3378/voynet__hulot_risque_daffaiblir_les_verts.html
Voynet : Hulot risque d'"affaiblir" les Verts
La candidate des Verts à la présidentielle regrette que l'action de Nicolas Hulot affaiblisse le parti écologiste.
La candidate des Verts à l'élection présidentielle, Dominique Voynet a demandé, lundi 18 décembre, à Nicolas Hulot de faire "attention à ne pas affaiblir" ceux qui "sont en charge des changements" politiques en faveur de la protection de l'environnement.
Interrogée sur Europe-1, l'ancienne ministre de l'Ecologie a estimé que Nicolas Hulot "a contribué à mettre cette question (de l'environnement) au coeur des débats" mais a regretté que son action "n'aide pas forcement ceux qui sont en charge du changement des politiques dans les collectivités, les mairies et les régions à faire vraiment leur travail".
Elle a en effet rapporté que, dans les négociations en vue des législatives de 2007, le Parti socialiste "nous propose aujourd'hui beaucoup moins de députés qu'il y a quelques semaines" en raison de l'évolution du "rapport de force dont disposent les écologistes" dans la société.
"Dire j'en suis ne suffit pas"
"Je dis à Nicolas: 'fais attention à ne pas affaiblir ceux qui sont tes partenaires et qui vont aider à faire ce que tu proposes tous les jours'", a-t-elle ajouté.
Interrogée sur le pacte écologique défendu par le présentateur télé, signé par tous les grands candidats, Dominique Voynet a expliqué que "cliquer pour dire j'en suis ne suffit pas". "On attend des réponses de fond, en terme d'engagement, de budgets, de transformation des administrations pour répondre à ces nouveaux enjeux", a-t-elle dit.
"Je crois que c'est indispensable que tous les candidats à la présidentielle se positionnent sur ces enjeux", a encore souhaité la candidate des Verts. Mais sur ces sujets, "il y a ceux qui découvrent le sujet et il y a ceux qui le font depuis 20 ans. Ce sont eux à qui ont doit confier le changement de ces politiques." (AP)
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