Nicolas Hulot

Lundi 18 décembre 2006

La candidature de Nicolas Hulot provoque bien des remous chez les Verts et au PS, comme en témoignent ces deux articles du Nouvel Obs.

Pour le PS, Hulot a un bon et un mauvais côté.
Le mauvais, c'est qu'il risque s'il est candidat d'affaiblir le résultat de Ségolène Royal
(et aussi de Nicolas Sarkozy), et donc de réellement engendrer un second tour entre Le Pen et, probablement Sarkozy (qui ressemblerait mieux ses troupes que le PS au 1er tour). En ce sens Hulot est un vrai danger pour le PS, qui du coup préfère de loin une candidature Verte, plus "classique" et qu'il sait gérer.
Le bon côté, c'est que Nicolas Hulot permet d'affaiblir la candidate verte, Dominique Voynet, et donc de mieux négocier, ou plutôt de ne rien concéder du tout, un accord avec les Verts pour les législatives. Voynet n'est plus une menace de 21 avril bis, son poids dans les sondages fond, pourquoi devrais-je lui attribuer trop de sièges ? Et en faisant trainer les négociations, en rappellant que PC et Verts sont deux partenaires indispensables dont la présence doit être effective au 1er tour, il espère continuer d'affaiblir ses partenaires historiques, pour pouvoir encore mieux négocier avec eux entre les deux tours. Attention François, il se peut que tu aies de mauvaises surprises en mai prochain ;-), si les Verts réussissent à passer le cap difficile que Hulot et toi leur faites subir en ce moment et ne baissent pas les bras.

Pour les Verts, la candidature de Nicolas Hulot est une catastrophe.
Loin de mettre en avant les actions, les idées et les propositions des Verts, elle les étouffe sous une pluie médiatique de pactes écologiques. Sans compter que Nicolas "oublie" allégrement dans ses interventions de mentionner (à défaut de mettre en avant) ses amis écolos que sont les Verts et Cap21 de Corinne Lepage.
En plus, elle met les Verts dans une situation de faiblesse vis-à-vis du PS (voir ci-dessus), PS qui sort déjà renforcé du ralliement du MRC et du PRG. Cette difficulté pour les Verts à obtenir un nombre de sièges suffisant à l'assemblée explique probablement que Voynet tienne des propos de plus en plus fermes vis-à-vis de Hulot, et elle a raison. Ce n'est pas en baissant les bras que les Verts s'en sortiront davantage, même si ce faisant elle porte atteinte au crédit des propos de Hulot, et donc de la cause écolo. Encore une fois la division risque de faire pâtir tous les intervenants...
Mais comment sortir de cette situation, qui n'est pas totalement une impasse mais déjà un sérieux goulet d'étranglement ?


Article du Nouvel Obs :
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20061218.OBS3360/hulot_ne_sera_pas_candidat_selon_hollande.html

Hulot ne sera pas candidat, selon Hollande

Le socialiste pense que Nicolas Hulot ne se présentera pas en 2007 car "tous les candidats ont signé son pacte écologique".

Le premier secrétaire du parti socialiste, François Hollande, estime, lundi 18 décembre, que Nicolas Hulot ne sera pas candidat à l'élection présidentielle, tous les candidats déclarés ayant signé son pacte écologique.

François Hollande a indiqué sur LCI qu'il souhaite qu'il y ait "une identité communiste dans cette élection au premier tour et une identité écologiste, Verte, avec Dominique Voynet". Ces identités permettront selon lui "le rassemblement de la gauche au second tour et la victoire".
 
"Rassemblement"

Interrogé sur une éventuelle candidature de Nicolas Hulot, il a répondu : "Je ne vois pas comment il pourrait être candidat dès lors que tous les candidats ont signé son pacte écologique".
Enfin, François Hollande s'est réjoui qu'il y ait eu "un rassemblement de premier tour avec les radicaux de gauche et les amis de Jean-Pierre Chevènement, qui sont les plus proches dans l'histoire et la réalité du parti socialiste".

et autre article du Nouvel Obs :
http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/politique/elysee_2007/20061218.OBS3378/voynet__hulot_risque_daffaiblir_les_verts.html

Voynet : Hulot risque d'"affaiblir" les Verts

La candidate des Verts à la présidentielle regrette que l'action de Nicolas Hulot affaiblisse le parti écologiste.

La candidate des Verts à l'élection présidentielle, Dominique Voynet a demandé, lundi 18 décembre, à Nicolas Hulot de faire "attention à ne pas affaiblir" ceux qui "sont en charge des changements" politiques en faveur de la protection de l'environnement.

Interrogée sur Europe-1, l'ancienne ministre de l'Ecologie a estimé que Nicolas Hulot "a contribué à mettre cette question (de l'environnement) au coeur des débats" mais a regretté que son action "n'aide pas forcement ceux qui sont en charge du changement des politiques dans les collectivités, les mairies et les régions à faire vraiment leur travail".

Elle a en effet rapporté que, dans les négociations en vue des législatives de 2007, le Parti socialiste "nous propose aujourd'hui beaucoup moins de députés qu'il y a quelques semaines" en raison de l'évolution du "rapport de force dont disposent les écologistes" dans la société.

"Dire j'en suis ne suffit pas"

"Je dis à Nicolas: 'fais attention à ne pas affaiblir ceux qui sont tes partenaires et qui vont aider à faire ce que tu proposes tous les jours'", a-t-elle ajouté.

Interrogée sur le pacte écologique défendu par le présentateur télé, signé par tous les grands candidats, Dominique Voynet a expliqué que "cliquer pour dire j'en suis ne suffit pas". "On attend des réponses de fond, en terme d'engagement, de budgets, de transformation des administrations pour répondre à ces nouveaux enjeux", a-t-elle dit.

"Je crois que c'est indispensable que tous les candidats à la présidentielle se positionnent sur ces enjeux", a encore souhaité la candidate des Verts. Mais sur ces sujets, "il y a ceux qui découvrent le sujet et il y a ceux qui le font depuis 20 ans. Ce sont eux à qui ont doit confier le changement de ces politiques." (AP)

Par President Ecolo
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Lundi 18 décembre 2006

RTL : http://www.rtl2007.fr/actualite/0/hulot-peche-aux-signatures-sur-net-3681.html

Hulot à la pêche aux signatures sur le Net

Nicolas Hulot met encore plus de pression sur les candidats à la Présidentielle. L'animateur écologiste a ouvert lundi un site Internet pour récolter les parrainages indispensables à une éventuelle candidature à l'Elysée. De son côté, la candidate officielle des Verts Dominique Voynet lui demande de "ne pas affaiblir" ceux qui "sont en charge des changements" politiques en faveur de la protection de l'environnement.

"nicolashulot2007.org" : c'est l'adresse de ce nouveau site, qui n'a rien à voir avec celui qui expose le Pacte écologique de l'animateur. Non ! Créé par son comité de soutien, ce site doit servir à collecter des promesses de parrainage. "On a commencé une recherche de signatures pour être crédible, explique Gérard Feldzer, président du comité de soutien. Car si on propose aux candidats de s'allier au Pacte écologique et de faire des propositions eux-mêmes, il faut être crédible. Cela veut dire que Nicolas Hulot peut avoir la possibilité de se présenter. Ce site est à la destination des élus qui pourront trouver le formulaire à remplir et le pourquoi du comment Nicolas Hulot souhaite avoir un soutien".

Ce n'est pas forcément un pas de plus vers une possible candidature, mais plutôt une façon de tâter le terrain, au cas où l'animateur se présenterait. Par ailleurs, par courrier cette fois, 28.000 maires ont déjà reçu le formulaire. Une centaine de promesses auraient déjà été renvoyées, selon le comité. Parallèlement, Nicolas Hulot étudie les propositions de chacun des candidats signataire du Pacte - Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, François Bayrou, entre autres. Ensuite, si l'animateur les estime insuffisantes, il pourrait alors décider de se présenter. Réponse attendue début janvier.


Pour Hollande, Hulot n'ira pas


François Hollande, lui, pronostique déjà que l'animateur ne sera pas candidat à la Présidentielle. "Je ne vois pas comment il pourrait l'être dès lors que tous les candidats ont signé son Pacte écologique", clamait le premier secrétaire du Parti socialiste lundi matin. Une certitude qui tranche avec la crainte de Dominique Voynet. En concurrence directe avec l'aventurier cathodique, la candidate des Verts a lancé cet appel à Nicolas Hulot : "Fais attention à ne pas affaiblir ceux qui sont tes partenaires et qui vont aider à faire ce que tu proposes tous les jours".

Pour l'ancienne ministre de l'Ecologie, le présentateur de l'émission "Ushuaïa" a contribué à mettre les problèmes de réchauffement climatique "au coeur du débat" mais "n'aide pas forcément ceux qui sont en charge du changement des politiques dans les collectivités, dans les mairies, dans les régions, à faire vraiment leur travail". Et note à cet égard que, "sur la foi du rapport de forces dont disposent les écologistes dans la société", l'attitude des socialistes à l'égard des Verts avait changé, et qu'ils leur proposaient aujourd'hui moins de circonscriptions réservées qu'il y a quelques semaines. Plus assassin, l'ex-secrétaire national et nouveau porte-parole des Verts Yann Wehrlin lâchait ce week-end à propos de Nicolas Hulot : "Il ne fait pas de la politique, mais de la séduction". Séduire : une mission que ses collègues n'on toujours pas réussi à accomplir...


L.Farge avec Emmanuelle Julien

Par Revue de presse
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Samedi 23 décembre 2006

Lu dans Marianne2007.info :
http://www.marianne2007.info/Petite-fronde-anti-Hulot_a433.html

Petite fronde anti-Hulot

Le consensus autour du Pacte écologique de Nicolas Hulot : c'est fini. Certains candidats se rebellent contre le tout-écologique… au risque de pousser l'ancien présentateur d'Ushuaïa à être candidat en 2007.

Le combat de Nicolas Hulot pour l'écologie semblait avoir séduit toute la classe politique. Mais, surprise, depuis quelques jours, on assiste à une véritable petite rébellion chez certains candidats. Un mois et demi après la sortie du Pacte écologique, Arlette Laguiller, Olivier Besancenot et Frédéric Nihous ne taisent plus leurs critiques.

Chasser le naturel…
Premier à avoir pris position contre le présentateur d'Ushuaïa : le candidat de Chasse, pêche, nature et traditions. Sans surprise, puisque Nicolas Hulot est notoirement contre la chasse et que Frédéric Nihous s'oppose notoirement aux formations politiques écologistes. Mais le candidat de la ruralité n'attaque pas seulement le versant idéologique, il dénonce aussi la taxe carbone, une proposition de Nicolas Hulot visant à faire payer les activités polluantes par les usagers : « On voit bien à quoi cela conduit. Comme pour le protocole de Kyoto : ceux qui en auront les moyens paieront des taxes et pourront se permettre de polluer, les plus pauvres ne le pourront pas. Je suis pour une approche plus incitative : il faut baisser le prix des carburants propres et des véhicules non polluants. » La taxe carbone, c'est la brèche dans le Pacte écologique. Dans le sillon de Frédéric Nihous, d'autres candidats mettent en cause l'inégalité de la mesure.

Une taxe pour ceux qui vont au charbon
« Les profits réalisés par les industriels ou les transporteurs peuvent leur permettre de s'adapter à ces taxes, note ainsi Olivier Besancenot dans un virulent réquisitoire contre Le Pacte écologique, par contre, les usagers individuels, de plus en plus obligés d'utiliser leurs véhicules pour aller travailler ou qui vivent dans des logements mal isolés ne peuvent supporter indéfiniment la hausse des prix de l'énergie. » Le candidat de la Ligue communiste révolutionnaire refuse de dissocier lutte des classes et écologie. Même son de cloche du côté d'Arlette Laguiller, qui a officiellement refusé, hier, sur France 2, d'apposer son paraphe au Pacte de Nicolas Hulot : « non pas que je ne sois pas consciente des problèmes de pollution et d'environnement, argumente-t-elle, mais parce que finalement on accuse tout le monde au même titre : les consommateurs, les travailleurs et les grandes entreprises. » Du côté de Lutte ouvrière, on dénonce une logique qui traite partons et ouvriers de la même façon au regard de la sauvegarde de la planète et on argumente en faveur d'une taxe sur les bénéfices des entreprises de véhicules polluants. La lutte des classes, toujours, «parce que ce n'est pas l'ouvrir de chez Peugeot ou Renault qui a décidé du tout autmobile, mais que, lui, l'ouvrier, maintenant il a besoin d'une voiture pour rentrer dans sa banlieue», poursuit un cadre du Parti.

Signe que la mode Hulot tendrait à s'essouffler, même Nicolas Sarkozy, pourtant l'un des premiers signataires du Pacte écologique, a récemment mis quelque bémols à son engagement. Lors du troisième Forum de l'UMP, hier, il a précisé que l'écologie ne pouvait pas être « la seule priorité, surtout dans un pays où il y a tant de chômage ». Mais peut-être doit-on voir là une stratégie du leader de l'UMP visant à dissuader les électeurs potentiels de Nicolas Hulot. L'auteur du Pacte écologique a promis de se présenter s'il ne trouve pas un écho suffisant à ses idées chez les candidats déclarés. Il annoncera sa décision au cours du premier trimestre prochain.

Par Revue de Presse
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Mercredi 3 janvier 2007

D'après une dépêche AFP parue dans marianne2007.info (http://www.marianne2007.info) Nicolas Hulot a, selon son entourage, récolté 130 promesses de signatures.
Certes, cette collecte a eu lieu en moins de trois semaines, mais il en reste encore 370 à récolter et tout le monde sait que les dernières sont toujours les plus difficiles à collecter. La preuve en est que et Dominique Voynet et Corinne Lepage ont encore des difficultés à atteindre la barre fatidique pour être candidat.
Cette démarche d'acquisition de signatures pour pouvoir être candidat ou tout simplement mettre la pression sur les autres candidats est à mon sens tout aussi contre-productive et dangereuse que le fait de vouloir être candidat. En effet, au lieu de soutenir les partis écolos habituels, mieux à même de relayer les idées de Hulot dans l'hémicycle ensuite, elle ne fait que leur retirer des parrainages potentiels (le maire de ma commune, qui voulait signer pour Corinne Lepage, a préféré attendre que Nicolas Hulot ne soit pas officiellement candidat pour lui accorder sa signature) et donc retarder et affaiblir leurs candidatures.
Si Nicolas y va, c'est parfait pour lui. Il aura réussi à "tuer" les deux autres partis écologistes.  Et il espère alors récupérer leurs voix, leurs cadres ?  rien n'est moins sûr...
Si Nicolas n'y va pas, va-t-il pour autant inviter ses maires signataires à soutenir Dominique et Corinne. Rien n'est moins sûr là non plus... 

On le voit bien, même quand l'urgence est là, quand le besoin se fait sentir d'une forte présence écologiste, les écolos eux-même ne se soutiennent pas. Enfin si, les Verts et Cap21 se respectent et se soutiennent mutuellement, l'autre candidat potentiel, soi-disant plus fort et plus médiatique, les ignore somptueusement et leur fait de l'ombre. Ah, l'attraction de la gloire...

Voici la dépêche

PARIS (AFP) - Nicolas Hulot, hypothétique candidat à l'Elysée, a déjà récolté 130 promesses de parrainage sur les 500 nécessaires, a assuré mercredi Gérard Feldzer, directeur du musée et de l'espace et directeur officieux d'une éventuelle campagne de l'animateur de télévision et militant écologiste.
 
"Il faut se préparer parce qu'après ce sera trop tard. Nous allons chercher les signatures. On en est à 130 aujourd'hui", a déclaré Gérard Feldzer, interrogé par Europe 1."Pour un candidat non déclaré, avoir 130 signatures en quinze jours, c'est pas mal", a-t-il estimé en se déclarant "assez optimiste" pour la suite, "au cas où".
 
L'animateur de l'émission Ushuaïa diffusée sur TF1 a indiqué qu'il se présenterait à l'Elysée si les candidats déclarés ne s'engageaient pas de façon satisfaisante sur les propositions de son "pacte écologique" qui vise à placer l'écologie au coeur de la campagne.
 
Le pacte, lancé le 7 novembre, avait recueilli mercredi 430.622 signatures de soutien, selon le site internet de la fondation Nicolas Hulot (www.fondation-nicolas-hulot.org).
 
Nicolas Hulot avait indiqué à plusieurs reprises à la fin de l'an dernier qu'il déciderait au plus tard début janvier s'il se présentait à l'élection présidentielle.

 

Par Revue de Presse
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Lundi 8 janvier 2007

Alors qu'il est crédité de 11% d'intentions de vote, que tous les partis ou presque ont répondu à son pacte, son entourage mesure les risques de sa candidature.

Voici l'article de Libé : http://www.liberation.fr/actualite/evenement/evenement1/227242.FR.php

Nicolas Hulot repris de gauche à droite

Sur la vague, face au mur. Nicolas Hulot surfe sur un formidable succès. Mais ira-t-il jusqu'à prendre la barre en se présentant à l'élection présidentielle ? Officiellement, l'animateur d' Ushuaïa , crédité hier de 11 % dans le sondage Ifop- JDD (1), laisse toujours planer la menace. Mais la perspective d'opérer cette «transgression démocratique», selon ses propres termes, s'éloigne. «Les candidats ont tous bossé, et c'est tant mieux. J'évalue ça tranquillement et commenterai leurs réponses après le 15 janvier», expliquait-il hier.
 
Impératif. 
Avec sa casquette d'ONG «transpolitique», le lanceur d'alerte climatique a d'ores et déjà gagné son pari : les principaux candidats à la présidentielle ont signé son pacte. Et s'engagent à placer l'impératif écologique au coeur de leur politique en cas d'élection. Dernière en date : Ségolène Royal. Avant de s'envoler pour Pékin, la candidate socialiste lui a envoyé vendredi une réponse de dix pages. Elle propose, entre autres, d'isoler les logements anciens, d'interdire les OGM et de rétablir la vignette pour les 4 x 4. Nicolas Sarkozy s'est fendu d'un quatre pages où il propose carrément de «doubler la fiscalité écologique et de réduire d'autant celle qui pèse sur le travail». Chacun a répondu dans son style ­ Voynet agacée, Lepage efficace ­, et avec plus ou moins de précisions et de sérieux dans les modalités, selon les experts interrogés par Libération (lire ci-contre).
Conseillé par Nathalie Kosciusko-Morizet, le candidat de l'UMP se révèle plus pointu sur la fiscalité écologique ou les attributions du superministère du Développement durable. Sa rivale socialiste, qui est allée chercher Bruno Rebelle à Greenpeace International  pour étoffer son staff, apparaît meilleure sur l'énergie, la nécessité d'affronter les lobbies et de responsabiliser les entreprises et les agriculteurs.
Les deux poids lourds de la présidentielle reprennent à leur compte l'objectif de diviser par quatre nos émissions de C02 d'ici à 2050. Une véritable avancée. «Si on fait un bilan d'étape, la démarche est allée au-delà de nos espérances, le contrat est rempli, se félicite le journaliste Jean-Paul Besset, proche de Hulot. Les candidats ont répondu sur le fond, un débat s'est installé. 450 000 personnes ont signé le pacte, 150 000 ont acheté son bouquin pourtant pas très sexy : une fraction de la société s'est mise en mouvement autour de l'impératif écologique.» Seulement, «un tel succès crée des responsabilités», explique un proche. En se présentant à l'Elysée ?
Circonspects. 
Au sein de son entourage, les avis sont partagés. «Certains le gouroutisent en homme providentiel, mais il est plus malin que ça», analyse l'un des siens. Parmi ceux qui le poussaient à y aller, d'autres sont de plus en plus circonspects : «Hulot est dans une position pas facile à assumer. Il avait dit : "S'ils signent tous, j'y vais pas." Or ils ont tous signé. Maintenant il faut capitaliser ce mouvement, sans tuer les Verts. Pour l'instant, il est blanc propre, mais, s'il s'engage, va-t-il garder ces qualités ?» interroge Gérard Feldzer, dont la péniche India Tango sert de QG bénévole pour recueillir les promesses de parrainages de maires. Hier, 140 étaient parvenues. Avec sa popularité transpolitique, Hulot ne considère pas la question des 500 signatures comme un obstacle. Ni les réticences de certains responsables de TF1, son employeur, ou le passage au crible qu'une candidature à la présidentielle implique.
Sa stratégie reste centrée sur l'efficacité de sa démarche, assure Besset : «Hulot réfléchit à la meilleure garantie pour que le pacte soit appliqué.» Sa candidature potentielle, qui séduit 11 % de l'électorat, lui permettrait de peser plus que les Verts après les élections «pour obtenir un groupe de députés écolos transpolitiques», veut croire Feldzer.
Le seul problème, c'est que Hulot prend cinq points à Sarkozy et autant à Royal . «Comme il pèse également à droite et à gauche, son pouvoir politique s'annule. Aucun des deux, au-delà de l'affichage sur le pacte, ne sera prêt à négocier», analyse un sherpa des Verts. Attribuer un «label» à des candidats écolos ­ qu'ils soient verts ou issu de Cap 21, le parti de Lepage ­ pourrait lui fournir une porte de sortie. Réponse après le 15 janvier : ce jour-là Hulot organise à Nantes une «conférence» de sa fondation. «Pas un meeting, ça fait trop politique !» rappelle son entourage.
(1) Sondage Ifop réalisé du 4 au 5 janvier sur un échantillon représentatif de 1 010 personnes.
 
Par Revue de Presse
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