Cap21

Dimanche 21 janvier 2007

"L'écologie est une opportunité économique"

Article paru dans le Nouvel Obs, le 16 janvier :
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/opinions/3_questions_a/20070116.OBS7352/lecologie_est_une_opportunite_economique.html

Que pensez-vous de la candidature éventuelle de Nicolas Hulot ?

- Autant je pense que son travail de sensibilisation est excellent, autant maintenant sa candidature se retourne contre l'écologie politique. Sur le plan éthique, il ne représente pas l'écologie. Le candidat écologiste doit être indépendant et avoir soutenu des combats. Je me bats pour la liberté donc je ne l'empêcherai pas de se présenter mais pas comme représentant écologiste. Etre présentateur vedette n'est pas suffisant. Il ne parle pas de tous les intérêts, surtout pas ceux de la pollution chimique. Lui ne parle que des changements climatiques. Nous lui avons demandé de s'engager contre les incinérateurs, par exemple, et il a refusé. Il ne parle pas des antennes relais, des autoroutes, et que très mollement des OGM ou des centrales nucléaires. J'ai de mon côté un langage fort à propos des institutions, car les changements écologiques doivent passer par des changements institutionnels.
 
Pensez-vous que les candidats signataires du pacte écologique suivront les propositions et particulièrement celle de la création d'un poste de vice-premier ministre chargé du développement durable, comme l'estime Nicolas Hulot ?
 
- Un vice-Premier ministre, s'il n'a aucun pouvoir ne fera pas avancer les affaires. Nous voyons bien que Nicolas Hulot ne connait pas les institutions politiques. Dominique Voynet et moi-même avons été ministres, donc nous savons que l'on compte seulement lorsqu'on a besoin de notre signature. J'ai signé le pacte écologique. J'ai même été une des premières. J'ai, pour ma part, des propositions écologiques, mais aussi 315 propositions économiques. Parler seulement d'écologie, c'est dire que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, et qu'il suffit de faire un effort pour que tout s'arrange. C'est aussi dire que tout le monde est responsable. Ce n'est pas vrai. On dit aux gens de faire des efforts, et à côté, il y a encore des pesticides en vente, des publicités pour des produits énergivores. On dit aux gens d'utiliser moins leurs voitures mais il y a toujours des publicités pour les voitures. Il faut une volonté politique pour que ces propositions suivent. La question n'est pas qui sera au pouvoir mais est-ce qu'il aura du pouvoir. Les intérêts financiers et économiques ne vont pas dans le sens écologiques. Les grands groupes bloquent les changements.
 
Vous êtes encore au moins quatre candidats potentiels pour représenter l'écologie (Dominique Voynet, Corinne Lepage, France Gamerre et Antoine Waechter, ndlr). Serez-vous prêts pour les échéances électorales ?
 
- Moi oui. Mais je ne suis pas qu'une candidate écolo. Nous ne sommes réellement que deux avec Dominique Voynet. S'il le faut, nous nous présenterons toutes les deux. En 1995, Dominique Voynet était seule, elle a fait 3%. En 2002, nous avons fait 7% avec nos deux candidatures. Nous parlons du même sujet mais nous n'apportons pas les mêmes solutions.
Je présente cette semaine un plan qui fera baisser les émissions de gaz à effet de serre de 15% et créera 300.000 emplois. Je propose de détruire les autoroutes et de les remplacer par des rails, favoriser les énergies renouvelables. Je propose une voie de réindustrialisation de la France. Il faut savoir que le marché des nouveaux produits écologiques (NPE) représente 570 milliards de dollars, c'est autant que l'aéronautique ou le pharmacologique.
Les grands groupes industriels sont comme la politique française: ils traînent les pieds à anticiper les problèmes et à appliquer les propositions. Moi, je défends les PME qui cherchent à introduire des NPE qui sont intégrés partout en Europe sauf en France. Nous voyons ça, en France, comme une contrainte et non comme une opportunité économique.
Il y a en France 400.000 emplois dans les nouvelles technologies, ce chiffre n'a pratiquement pas bougé en 10 ans. En Allemagne, cela représente 1,5 million d'emplois, plus que dans l'industrie automobile. L'Espagne a créé 50.000 emplois dans ce secteur en 2 ans.
Un bon exemple: le premier brevet automobile en matière de voiture hybride est français et date de 1977. Il a probablement été racheté par de grands groupes, qui l'ont mis à la poubelle.
Je veux simplement rendre ce que l'on m'a donné. Je n'ai pas d'autres ambitions. J'ai 56 ans, j'ai des petits enfants et je veux leur léguer un monde viable.
 
Propos recueillis par Simon Antony
(le mardi 16 janvier 2007)
Par Revue de Presse
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 14 février 2007

Dans une Tribune d'Agoravox, Alexandra Canavélis, resp 95 de Cap21, s'inquiète de ce que sa candidate, Corinne Lepage, ne parvienne pas à décrocher les 500 signatures nécessaires à sa candidature.

J'imagine que le scénario est peu ou prou le même pour les Verts et Dominique Voynet, même si la candidate dispose déjà d'un plus grand nombre de parrainages.

Quoi qu'on pense du système des 500 signatures, qui mettent une pression inutile sur les maires, je trouverait dommage que nos deux représentantes de l'écologie ne puissent pas participer à la campagne et faire valoir nos idées. Nous n'auront pas trop de deux candidates, vu ce que les autres candidats ont fait du pacte écologique de Nicolas Hulot qu'ils ont signé la main sur le coeur, pour continuer de mettre l'écologie au coeur du débat. Nous n'aurons pas trop de deux candidates pour peser au lendemain du scrutin sur les futurs gouvernements.

Alors, je me permets de relayer l'appel d'Alexandra Canavélis : si vous connaissez un maire qui serait intéressé pour signer pour Corinne Lepage, ou pour Dominique Voynet,... appelez-le !

 

Par President Ecolo
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus