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Pourquoi Nicolas Hulot ne sera pas président !
Malgré la popularité qu'il suscite dans le sondage de ce week-end, malgré l'intérêt suscité par sa candidature et l'intérêt qu'elle aurait pour mettre l'écologie au devant de la scène, j'ai comme l'intuition que Nicolas ne se déclarera pas pour la candidature suprême en 2007.
Tout d'abord, cette sortie est surtout médiatique
Nicolas Hulot excelle dans sa gestion des medias, on le voit encore pour la sortie de son dernier ouvrage mardi prochain, "Pour un pacte écologique".
L'intérêt de TF1 pour l'un de ses poulains va probablement générer de l'audimat autour de cette sortie et de sa potentielle déclaration de candidature, mais ca risque de s'arrêter là.
Enfin, le questionnaire auquel le JDD de ce week-end fait référence pour en conclure à la candidature de Nicolas est en trompe-l-oeil. Les gens, vu qu'ils ne connaissent pour la plupart pas Dominique Voynet, et encore moins Corinne Lepage, vont préférer répondre Nicolas Hulot, qui plus est avec une bouille sympathique à la télé, que Dominique Voynet ou Corinne Lepage, plutôt que de demander "qui sont les deux autres ?". Le sondage ne reflète donc pas les compétences des divers candidats présentés pour résoudre les problèmes écologiques, mais simplement la notoriété relative des uns et des autres. Cela, Nicolas Hulot le sait.
Les raisons politiques
Nicolas Hulot s'est déjà vu proposer des fonctions ministérielles, qu'il a à chaque fois refusée pour motifs personnels. Il sait donc que tout le monde sait que s'il va au charbon, ce n'est pas dans l'intention d'assumer ces fonctions, mais juste d'attirer l'attention sur ces sujets. Le seul "petit" souci est qu'il serait capable de drainer bien au-delà du vote écologiste et donc de se retrouver au second tour ;-). Ségolène Royal ne s'y trompe pas qui met l'accent sur les risques d'éparpillement au premier tour, signe qu'elle est consciente que Nicolas Hulot pourrait "piquer des voix" dans le réservoir socialiste. Si 57% des sondés du JDD ne veulent pas qu'il soit candidat, 43% tout de même n'y voient pas d'inconvénient, ce qui est prometteur. Que ferait-il dans cette hypothèse d'une présence au second tour ? Prendrait-il le risque d'être le rempart à un Jean-Marie Le Pen plus que jamais revigoré par l'accession à la présidence d'un non politique ? Ce serait en tout cas un grand bouleversement de la politique en France, en même temps qu'une espérance forte pour l'environnement.
Par ailleurs, cet été, lors des universités d'été des Verts puis de Cap21, Nicolas Hulot a cautionné ces démarches des deux principaux mouvements écologistes français vers une plus grande unité. Il s'est positionné en soutien à cette démarche unitaire, tout en assurant en plus ne pas vouloir être candidat.
La sortie de son livre, "Pour un pacte écologique", est d'ailleurs significative de cet état d'esprit. Il détaille en dix points les urgences de l'écologie, tout comme les 3 protagonistes (Hulot, Lepage, Voynet) s'étaient mis d'accord pour un accord sur 10 points commun, tout comme Lepage a rendu public le mois dernier ses 10 priorités pour l'environnement, auxquelles aucun autre candidat n'a répondu.
Le mot pacte d'ailleurs fait de suite référence à "pacte républicain", à "pacte social",... à une unité d'idée et de programme entre le politique et le citoyen. C'est peut-être tout simplement un soutien à cette notion de pacte entre les candidats (qu'ils soient écolos ou non) et les défenseurs de l'environnement que représente Nicolas Hulot, ce dernier voulant que les candidats mentionnent explicitement les termes de ce pacte dans leur programme électoral.
Enfin, Nicolas Hulot ne prendra probablement pas le risque d'amenuiser encore davantage les autres candidats écologistes, déjà peu audibles dans le feu médiatique autour de Sarko-Ségo (voir l'article sur Dominique Voynet), et cherchera plutôt à soutenir la candidature de ces derniers, ou peut-être, qui sait ?, celle de l'UDF, en embuscade aujourd'hui derrière le PS et l'UMP, et dont Nicolas Hulot s'est rendu aux universités d'été également.
Bref, le jeu est ouvert, toutes les hypothèses sont valables, mais c'est très probablement cette hypothèse de non candidature, associée soit à une demande de prise en compte du pacte écologique dans la campagne des candidats, soit à un soutien explicite à l'un d'entre eux, qui risque de se concrétiser. Nicolas aura ainsi permis d'utiliser au maximum son audience médiatique pour le candidat le mieux à même de porter l'écologie dans le débat national de la campagne, et par là même, de conserver toute sa conscience d'avoir fait tout ce qui était possible pour préserver notre environnement.
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